Ahhhhhhh! Merci à
tout(e)s pour vos réponses!!
Tiens Cerise et Iliana je ne pensais pas avoir été particulièrement originale avec cette histoire de grippe. Bon je n'ai jamais lu de fics là-dessus mais comme je n'en ai pas (encore) lu des tonnes non plus. Mais c'est plutôt cool si ça ne vous paraît pas trop "déjà vu".
Iliana tu es juste trop adorable

. Et ReQuiEm je suis contente d'avoir un avis sur cette histoire de grippe, c'est bien que ça tienne la route! Concernant Iliana, je ne veux pas parler pour elle mais pour avoir lu certaines de ses fics je pense effectivement que nous avons une sensibilité similaire à certains aspects des choses.
Voilà la suite et fin!
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Elle avait finalement accepté qu’il lui tienne compagnie pour la journée. Il ne lui avait pas demandé ce qui avait motivé sa décision. Avait-elle réellement envie qu’il soit à ses côtés ou éprouvait-elle simplement des scrupules à déranger Josh alors qu’il était disponible ?
Il préférait ne pas savoir. Il était content d’avoir l’occasion de prendre soin d’elle. Et une part de lui devait admettre qu’il trouvait intéressant de voir Beckett un peu plus vulnérable qu’en temps normal. Vu la façon dont elle lui avait tenu tête, elle n’avait cependant pas perdu beaucoup de son mordant, mais cela aussi lui plaisait.
Le trajet en taxi s’était déroulé en silence. Il n’était pas particulièrement dans les habitudes de Beckett de se montrer bavarde, mais en l’observant du coin de l’œil il avait bien vu que cette fois c’était la fatigue qui était en cause et avait donc évité de se lancer dans une grande conversation.
Une fois arrivés dans à l’appartement, Beckett regarda son partenaire d’un air un peu embêté :
- Vous êtes vraiment sûr de vouloir rester ?
Le visage impassible, il la regarda fixement quelques secondes puis demanda comme si de rien n’était :
- Alors, qu’est-ce que vous voulez faire ? Jouer au poker ? Non, vous n’êtes pas en pleine possession de vos moyens, ce ne serait pas équitable… Aux petits chevaux alors ?
Elle ne put s’empêcher de rire tout en secouant négativement la tête. Mais bien sûr Castle n’était jamais à court d’idées.
- Oh je sais ! lança-t-il sous le coup d’une inspiration soudaine. Et si on regardait des épisodes de Temptation Lane ?
Elle chercha la moquerie dans ses yeux, mais il paraissait sérieux. Si l’idée la tentait assez, se blottir sur le canapé avec Castle pour regarder sa série fétiche lui parut un peu … déplacé.
- En fait, avoua-t-elle en s’asseyant, je crois que je suis fatiguée, je devrais peut-être essayer de dormir un peu.
- Parfait ! approuva Castle comme si ce programme le réjouissait au plus haut point.
Son air enjoué tira un sourire à la jeune femme, il faisait vraiment tout pour qu’elle soit à l’aise.
- Castle ?
- Oui ?
- Vous allez vous ennuyer…
- Oh non ! Non… je vous regarderai dormir…
Elle tiqua et il s’empressa de rectifier :
- Je veux dire, je réfléchirai à mon roman.
- Super, ironisa Beckett, vous allez pouvoir écrire un chapitre entier dans lequel Nikki Heat se consume de fièvre.
- « Nikki Heat se consume de fièvre… » répéta l’auteur, savourant l’association de mots. Eh c’est plutôt bon vous savez, je pourrais absolument écrire ça !
Un sourire amusé sur les lèvres, elle s’enroula dans son plaid. Elle regarda à nouveau Castle, toujours debout au milieu de son salon, et hésita à s’allonger. Elle n’était pas certaine de réussir à s’endormir s’il restait planté là devant elle. Il y eût un moment de flottement, puis l’écrivain prit place sur un fauteuil en disant lentement :
- Parfois, quand Alexis est malade, je déménage mon ordinateur et toutes mes affaires dans sa chambre et je travaille auprès d’elle. Elle m’entend pianoter sur le clavier et elle sait qu’elle n’est pas toute seule. Elle dit qu’elle dort mieux comme ça.
Le regard de Beckett s’illumina soudain :
- Et si vous alliez chercher votre ordinateur Castle ? J’aurais moins de scrupules à vous faire jouer les baby-sitters si vous pouviez travailler au lieu de perdre votre temps.
Il évalua le pour et le contre, et décida que c’était une bonne idée.
- D’accord, accepta-t-il en se levant pour aller dans la cuisine. Il en revint avec un verre d’eau qu’il plaça par terre à côté de la malade.
- Mais pas de bêtises en mon absence Katherine Beckett ! menaça-t-il avant de se diriger vers la porte.
Il avait déjà la main sur la poignée lorsqu’il demanda encore :
- Au fait, je fais comment pour rentrer si vous vous endormez en attendant ?
- Prenez les clefs. Mais je ne dormirais pas.
- Ah non ?
Avec une expression malicieuse, elle ouvrit le tiroir du meuble télé et en sortit un DVD qu’elle brandit joyeusement :
- Je vais regarder un épisode de Temptation Lane !
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Castle fut de retour trois quarts d’heure plus tard avec son portable, un sac entier de livres et un immense bouquet de roses blanches.
Bien que secrètement touchée par son attention, Beckett soupira :
- Vous n’auriez pas dû Castle…
Il prit un air faussement étonné, comme s’il n’avait pas la moindre idée de ce dont elle parlait.
- Quoi ? Ah le bouquet ! Ce n’est pas pour vous, déclara-t-il en désignant le plafond du doigt d’un air qui se voulait éloquent.
Elle fronça les sourcils pour montrer son incompréhension.
- Il est bien d’usage d’apporter un cadeau aux personnes malades non ? expliqua-t-il, un petit éclat espiègle dans l’œil. C’est parce qu’avant on faisait des sacrifices religieux pour attirer la bienveillance des dieux sur la personne atteinte de maladie. Mais… je me suis dit qu’un sacrifice, c’était un peu… enfin j’ai pensé que vous n’aimeriez pas, alors j’ai préféré prendre des fleurs.
Elle sourit en secouant la tête.
- Vous n’étiez pas obligé Castle, vraiment.
- Oh je n’ai pas voulu prendre de risque, temporisa-t-il, c’est toujours mieux d’avoir les dieux dans son camp non ?
Au lieu de répondre à sa question, elle murmura doucement :
- Vous êtes si gentil…
Le regard des deux partenaires s’accrocha et un sourire irrépressible naquit sur leurs lèvres. Quelques instants de grâce passèrent, durant lesquels ils ressentirent chacun la force du lien qui les liait. Beckett cligna finalement des yeux, rompant ainsi le contact, et Castle balaya l’air de la main :
- Non… prudent tout au plus. D’ailleurs vous n’êtes pas sensée vous reposer là ?
Sans chercher à discuter, elle retourna s’installer sur le canapé. Elle ferma les paupières, non parce qu’elle avait sommeil, mais pour éviter d’avoir à regarder l’homme qui s’affairait dans sa cuisine, sortant un vase et le remplissant d’eau pour pouvoir y disposer les fleurs qu’il lui avait ramenées.
Il n’aurait pas dû être là.
C’est Josh qui aurait dû être à ses côtés aujourd’hui. A sa décharge, elle ne l’avait pas appelé. Elle s’interrogeait maintenant sur ses motivations profondes. Etait-ce vraiment parce qu’elle n’avait pas voulu le déranger ? Ou, comme l’avait suggéré Castle, parce qu’elle avait été trop fière pour l’appeler ?
Tout à coup frissonnante de froid, elle resserra les pans de la couverture autour d’elle.
Elle savait qu’il lui était difficile d’admettre avoir besoin de quelqu’un. Dans un accès de lucidité soudain, elle s’avoua même que cela lui était insupportable. Elle avait l’impression que c’était comme remettre sa sécurité, et donc sa vie, entre les mains de quelqu’un, du coup elle ne lâchait jamais totalement le contrôle.
Heureusement le métier qu’elle avait choisi lui avait permis d’apprendre l’importance d’un partenariat et d’une équipe. Beaucoup auraient pu se dire qu’elle avait fait le mauvais choix, celui qui ne lui permettrait pas d’oublier et de se reconstruire, celui qui la lierait de manière indéfectible au passé, l’empêchant d’avancer. C’était faux. Elle avait fait le meilleur choix possible. Elle avait appris à se battre, à gagner et à perdre. Elle était passée par des moments difficiles, mais elle avait aussi réappris la confiance, en elle-même et dans les autres. Et puis, elle aimait vraiment le métier qu’elle faisait. Depuis quelque temps, elle réalisait cependant que tout cela se limitait à sa vie professionnelle. Où en était-elle réellement dans sa vie personnelle ?
Agacée par le tour que prenaient ses pensées, elle se retourna en repoussant le plaid qui lui tenait brusquement trop chaud.
Dans toutes les relations amoureuses qu’elle avait vécues, elle s’était ménagé une porte de sortie. Elle s’en était toujours félicitée, le fait que toutes ces histoires se soient terminées lui ayant donné raison. Mais elle réalisait maintenant que, peut-être, c’était son manque d’investissement, sa farouche détermination à rester totalement maîtresse de la situation qui avaient entrainé la rupture. Quand l’un des deux partenaires regarde en permanence en direction de la sortie de secours, c’est difficile de construire une relation solide.
Elle entendit Castle s’approcher. Les yeux entrouverts, elle le regarda brancher son ordinateur, ouvrir son sac et en sortir plusieurs livres qu’il disposa sur les accoudoirs du fauteuil. Il s’assit enfin, plaça son portable sur ses genoux et l’alluma. Puis il posa les yeux sur elle et la regarda si longuement et avec tant d’intensité qu’elle crût qu’il l’avait prise en flagrant délit d’espionnage. Mais après un sourire indéchiffrable, il reporta son attention sur l’écran et elle respira à nouveau, n’ayant pas eu conscience d’avoir retenu son souffle. Elle changea de position et reprit sa réflexion.
Castle… Il n’était pas étranger à toutes les questions qu’elle se posait. Il avait débarqué dans sa vie et s’y était incrusté. Pour une fois, elle n’avait pas eu le choix. Et comme leur relation était destinée à être professionnelle, elle ne s’était pas trop méfiée. Il l’avait excessivement agacée au départ, avec ses airs suffisants, son insubordination et sa superficialité. Pourtant aujourd’hui il était assis à ses côtés, en train de veiller sur son supposé sommeil. Il avait tracé un chemin jusqu’à elle, contournant les barricades qu’elle avait érigées, se créant dans sa vie une place qu’elle ne se rappelait pas lui avoir accordée, mais dont elle ne songerait pas à le départir maintenant. Comment en étaient-ils arrivés là ? Elle ne parvenait pas à se souvenir à quel moment exactement les choses avaient basculées… mais la donne avait clairement changé.
A ce jour, Castle faisait partie de ses personnes de confiance.
Elle était quelqu’un de secret, de renfermé, pourtant il en savait beaucoup sur elle, elle lui avait livré de son plein gré des informations qu’elle n’avait partagées avec personne. Evidemment, il avait un don pour deviner et comprendre les gens, mais elle était consciente de lui avoir ouvert la porte. Pas seulement pour les livres d’ailleurs… Et il se montrait digne de la confiance qu’elle lui témoignait. Il était charmant et gentil et tout ce qu’on peut vouloir d’un homme. En plus il était drôle et sa famille était adorable. Elle ressentait envers lui une confiance absolue, et… un autre sentiment encore, qu’elle ne voulait pas nommer.
Oui, Castle avait bousculé sa vie, il l’avait rendue plus légère et plus joyeuse, et plus douce aussi d’une certaine façon. Et ce faisant, des liens s’étaient tissés entre eux, qui compliquaient tout. Elle s’agita inconsciemment en se disant que les choses seraient plus faciles aussi s’il n’était pas si… s’il n’était pas lui.
Alors qu’elle se retournait une fois encore, elle sentit un léger contact sur son épaule. Elle ouvrit les yeux pour rencontrer deux iris bleus assombris par l’inquiétude :
- Qu’est-ce qui se passe ?
Elle fondit devant son regard concerné, et avoua simplement :
- Je n’arrive pas à dormir.
- Je vois ça, dit-il gentiment. Pourquoi ?
- Je ne sais pas. J’ai trop chaud, j’ai trop froid, je pense à plein de choses et…
Elle poussa un gros soupir et se souleva pour s’asseoir.
- Vous avez soif ?
Elle avait à peine hoché la tête qu’il était parti lui remplir son verre d’eau. Il prit place à côté d’elle sur le canapé tandis qu’elle buvait. Il saisit ensuite la télécommande et lança le DVD qui se trouvait dans le lecteur.
- Allez, un bon épisode de Temptation Lane devrait vous remettre les idées en place.
Elle ne protesta pas, et se cala un peu plus confortablement dans les coussins tout en écoutant le générique dont elle connaissait par cœur la moindre note. Rassérénée par les personnages familiers, les répliques bien connues, elle se retrouva dans un état de bien-être régressif qui se mua bientôt en indolence lénifiante.
Voyant qu’elle s’apaisait, Castle avait reposé son ordinateur sur ses genoux pour continuer à travailler. Tout doucement, Kate laissa glisser sa tête contre l’épaule de son compagnon, qui s’attendrit à cet innocent abandon. Alors elle s’endormit enfin, bercée par le cliquetis du clavier sur lequel il créait un monde dont elle était l’héroïne.